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Bulletin n°XXVI
Mémoire n°XXXVIII
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Extraits du bulletin
Communications
Céramique commune claire
Freddy THUILLIER :

ETUDE PRÉLIMINAIRE DES STRUCTURES ET DE LA PRODUCTION DE L'ATELIER DE POTIERS GALLO-ROMAIN DE DOURGES (PAS-DE-CALAIS)


L'atelier de potiers gallo-romain de Dourges est localisé dans le département du Pas-de-Calais, à cheval sur les communes de Dourges et de Noyelles-Godault. La présente étude fait référence à une découverte relativement ancienne. Les premiers fours ont été mis au jour à la suite de sondages dans les années 1950 et 1960, mais l'essentiel des vestiges liés à l'activité potière a été exhumé il y a une trentaine d'années (en 1970) dans le cadre de sauvetages urgents. En outre ce site artisanal, désormais totalement détruit, n'a manifestement pas été complètement exploré. Au total, seuls huit fours et quelques autres structures de la chaîne opératoire ont pu faire l'objet d'investigations.
Les structures de cet atelier sont dispersées, mais peuvent être regroupées en trois ensembles nommés groupe A au centre, groupe B au sud et groupe C au nord (fig. 1). Les deux premiers se situent au lieu-dit Les Vingt-Huit, à l'ouest de l'autoroute Al Paris-Lille, entre le terril et celle-ci. Le troisième se trouve au lieu-dit Le Moulin, à l'est de cette même autoroute, au niveau de l'ancienne briqueterie Cayez. Le groupe A est distant du groupe B d'environ 400 m, et du groupe C de 200 m.
Nonobstant une certaine importance, cet atelier de potiers n'a pas fait l'objet d'une étude détaillée. Les études céramologiques de portée régionale ne l'avaient pas encore pris en considération. L'actualité des recherches m'a incité à le sortir de l'ombre: en premier lieu, les études récentes sur les amphores gauloises du nord de la Gaule ; en second lieu, la réalisation de fouilles préventives effectuées tout dernièrement sur une grande superficie aux alentours du site artisanal.


Pages 7 à 26 du Bulletin 2004


Ancien hôtel du Gouverneur à Arras
Alain NOLIBOS et Michel TILLIE :

UN EXEMPLE DE CONFLIT POLITIQUE A ARRAS AU XVIIIe SIÈCLE :
LA CONSTRUCTION DE L'HÔTEL DU GOUVERNEUR


Dans un article paru en 1871, l’historien arrageois Edmond Lecesne a narré les multiples épisodes d'un conflit politico-administratif qui, pendant plus d'une décennie, a accompagné le projet de construction d'un hôtel digne d'accueillir le gouverneur de la ville d'Arras et ses services. Révélateur de l'emprise croissante de la «main du roi» et de la résistance pugnace d'un échevinage à qui cette dépense incombe, le contentieux atteint en 1738 une dimension que Lecesne, avec sa sensibilité politique républicaine, fait apparaître comme le combat de l'échevinage contre la sujétion à l'absolutisme royal. Cette affaire, d'importance sur le plan des institutions, des prérogatives et des mentalités, nous a permis d'approfondir le fonctionnement administratif d'Arras dans la première moitié du XVIIIe siècle.
Notre travail doit beaucoup à l'exploitation, aux archives communales d'Arras, des fonds anciens concernant le gouvernement, c'est-à-dire la résidence du gouverneur. Les nombreux dossiers consacrés à la construction de cet hôtel, ainsi que les plans qui les accompagnent, éclairent les enjeux politiques mais aussi financiers et urbanistiques d'une ville qui amorce une lente transformation de son paysage dans ce «petit quartier SaintGermain arrageois», concentration des élites nobiliaires et des lieux de pouvoir (fig1) .


Pages 47 à 68 du Bulletin 2004


Maison d'Alexis Hallette et entrée de ses ateliers à Arras
Pierre MAYE :

UNE OCCASION MANQUÉE À ARRAS AU XIXe SIÈCLE : LA CONSTRUCTION DES PREMIÈRES LOCOMOTIVES

Beaucoup d'Arrageois savent que des locomotives ont été construites dans leur ville au XIXe siècle, mais ils identifient souvent cette industrie avec Alexis Hallette. Cet industriel a fait l'objet de plusieurs notices et un ouvrage récent est venu raviver sa mémoire. Pourtant, si Alexis Hallette s'est bien intéressé au chemin de fer et aux machines à vapeur, il n'a personnellement produit aucune locomotive.
Le dépouillement de la presse locale aux Archives départementales du Pas-de-Calais a été complété par l'exploitation de nouvelles sources qui apportent un éclairage nouveau et élargi. Le fonds Seguin des Archives départementales de l'Ardèche nous révèle un aspect méconnu de la stratégie industrielle d'Hallette : sa collaboration avec les frères Seguin fut peut-être une occasion manquée.
La prudence d'Hallette avant de s'engager dans l'aventure du chemin de fer peut-elle s'expliquer par la lourdeur des investissements nécessaires, par la conjoncture encore incertaine et par les échecs répétés de ses principaux concurrents arrageois ? N'implique t-elle pas aussi l'incapacité future de son fils Alfred à répondre, dans les délais, à l'énorme demande nationale et régionale suscitée par la loi de 1842 sur les chemins de fer et la création en 1845 de la Compagnie du chemin de fer du Nord?
Les archives de cette compagnie, consultées au Centre des Archives du Monde du Travail (CAMT) à Roubaix, peuvent éclairer l'historique des commandes faites par l'État et expliquer les difficultés techniques et financières rencontrées par le fils d'Alexis Hallette, Alfred, le véritable constructeur des locomotives arrageoises.
L'échec retentissant de la construction mécanique arrageoise n'est-il pas aussi le reflet d'un environnement et d'une culture peu favorables à la grande industrie?

Pages 69 à 88 du Bulletin 2004


Tambour du camp de Boulogne
Jean-Michel DECELLE :

LES « VIEUX DÉBRIS » DE NAPOLÉON Ier ET LA MÉDAILLE DE SAINTE-HÉLÈNE DANS LE PAS-DE-CALAIS : UNE RECONNAISSANCE TARDIVE


De 1792 à 1815, plus de trois millions de jeunes Français, soit 7 à 8 % de la population, ont combattu sous les drapeaux de la République et de l'Empire. Ils y ont connu la gloire et surtout l'enfer. Mais, après l'exil de Napoléon ler à Sainte-Hélène, les Bourbons les ont totalement oubliés. Dans les années 1850, au cours de ses voyages en province, Louis-Napoléon Bonaparte s'est vite rendu compte de la situation matérielle difficile des survivants, comme du culte encore vif qu'ils portaient pour son oncle. Humiliés et méprisés lors de la Restauration, beaucoup se sont ralliés au Second Empire. Aussi, à défaut de pouvoir leur apporter une aide financière suffisante, il a décidé en 1857 de les décorer en créant pour eux la médaille de Sainte-Hélène, surnommée «la médaille des vieux débris» . Le terme de vieux débris n'a alors rien de péjoratif, il est employé officiellement par les autorités; les préfets et les sous-préfets l'utilisent dans leurs discours et leurs circulaires. Les anciens soldats eux-mêmes s'en servent, comme cet ancien militaire d'Alincthun, JeanMarie Poully qui écrit au sous-préfet de Boulogne son désir de recevoir «cette marque d'intérêt que sa Majesté l'Empereur décerne aux vieux débris des armées françaises ». Ce qualificatif est aussi souvent utilisé dans les odes et poèmes prononcés lors des cérémonies de remise de médaille, comme à Rouen en 1858 :
Vénérables débris d'un empire héroïque
Quifit longtemps trembler les peuples et les rois,
Souffrez que de ces vers l' hommage sympathique
Se mêle aux doux accents d'une éloquente voix [ ...].


Pages 89 à 126 du Bulletin 2004

histoire-archeo-62
16/06/06